La fibre arrive jusqu’à votre box à la vitesse promise par l’opérateur. Ensuite, le relais est pris par le réseau de votre logement : port Ethernet de la box, câble RJ45, prise murale et carte réseau de l’appareil. Il suffit qu’un seul de ces éléments soit limité pour que le débit ralentisse.
Pour une connexion jusqu’à 1 Gbit/s, un câble Cat 5e en bon état peut parfaitement suffire. Pour une installation neuve ou un débit de 2,5 Gbit/s, le Cat 6 représente un choix raisonnable. Pour exploiter une liaison de 5 à 10 Gbit/s sans se poser de question sur la distance, mieux vaut partir sur du Cat 6a.
| Débit recherché | Câble conseillé | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Jusqu’à 1 Gbit/s | Cat 5e ou Cat 6 | Port Gigabit sur la box et l’appareil |
| Jusqu’à 2,5 Gbit/s | Cat 6 | Port 2,5G des deux côtés |
| Jusqu’à 5 Gbit/s | Cat 6 ou Cat 6a | Longueur et qualité de l’installation |
| Jusqu’à 10 Gbit/s | Cat 6a | Port 10G et carte réseau compatibles |
Le câble n’est qu’un maillon entre la fibre et l’ordinateur
Un abonnement à 8 Gbit/s ne garantit pas 8 Gbit/s sur chaque appareil. Le débit réellement disponible est celui du maillon le plus lent. Une box équipée d’un port 10G reliée à un ordinateur possédant seulement une carte réseau Gigabit restera limitée à environ 1 Gbit/s, même avec un câble Cat 8 flambant neuf.
Avant tout achat, relevez quatre informations : le débit maximal de l’offre, la vitesse du port de la box, celle du port de l’appareil et la longueur du câble nécessaire. Cette vérification évite de payer davantage pour une catégorie qui ne changera rien.
Orange, Free ou SFR : le câble n’est pas propre à l’opérateur
Il n’existe pas de câble Ethernet réservé à une Livebox, une Freebox ou une Box SFR. Les connecteurs et les normes Ethernet sont communs. Ce qui change, c’est la vitesse des ports présents sur chaque modèle.
Orange recommande au minimum un câble Cat 5e pour une connexion Ethernet classique et un Cat 6a pour exploiter les ports 2,5G ou 10G de ses Livebox récentes. La Freebox Ultra possède quatre ports Ethernet 2,5 Gbit/s et un port SFP+ 10G. Chez SFR, la Box 8X permet également d’utiliser une liaison 10G avec l’équipement adapté.
Le nom de l’opérateur ne décide donc pas de la catégorie. Il faut regarder le port utilisé. Un port marqué 1G, 2.5G ou 10G donne une information bien plus utile que le logo imprimé sur la box.
Lire le marquage d’un câble déjà présent
La catégorie est généralement inscrite sur la gaine, parfois tous les 50 centimètres ou tous les mètres. Cherchez une mention comme CAT.5e, CAT.6 ou CAT.6A. Le marquage peut aussi indiquer le blindage, la norme suivie et le type de conducteur.
Si le câble n’affiche rien, s’il est très fin ou si ses connecteurs sont abîmés, il vaut mieux le tester avec un autre cordon connu. Une simple languette cassée peut créer des déconnexions sans que le câble paraisse endommagé.
Cat 5e, Cat 6 et Cat 6a : les différences qui comptent vraiment
Une catégorie ne correspond pas directement à un abonnement fibre. Elle définit les performances électriques du câble, notamment sa bande passante et sa capacité à transporter un signal Ethernet dans certaines conditions.
| Catégorie | Fréquence | Usage pertinent | Choix conseillé |
|---|---|---|---|
| Cat 5e | 100 MHz | Réseau Gigabit existant | À conserver s’il fonctionne correctement |
| Cat 6 | 250 MHz | 1 à 2,5 Gbit/s, voire davantage selon l’installation | Bon choix pour un cordon neuf |
| Cat 6a | 500 MHz | 10GBASE-T jusqu’à 100 mètres | À privilégier pour une installation 10G |
Pour une fibre jusqu’à 1 Gbit/s
Il n’est pas nécessaire de remplacer un câble Cat 5e qui établit correctement une liaison Gigabit. Cette catégorie a justement été prévue pour transporter du 1000BASE-T jusqu’à 100 mètres sur une installation conforme.
Pour un nouvel achat, le Cat 6 est souvent plus facile à trouver et laisse davantage de marge. Mais il ne rendra pas une offre 1 Gbit/s plus rapide : la connexion restera limitée par l’abonnement et les ports réseau.
Pour une fibre à 2,5 ou 5 Gbit/s
Les normes 2.5GBASE-T et 5GBASE-T ont été conçues pour réutiliser une partie des câblages Cat 5e et Cat 6 existants. Cela ne signifie pas que chaque vieux câble atteindra automatiquement ces débits. La longueur, les connecteurs, les perturbations et la qualité de pose entrent en jeu.
Sur quelques mètres entre une box et un ordinateur, un bon Cat 6 est un choix cohérent. Pour une liaison encastrée, difficile à remplacer ou destinée à évoluer, le Cat 6a apporte une garantie supplémentaire.
Pour une liaison à 8 ou 10 Gbit/s
Le Cat 6 peut parfois transporter du 10GBASE-T sur une distance courte, mais son résultat dépend de l’environnement électromagnétique et de la qualité du câblage. Au-delà de quelques dizaines de mètres, cette possibilité devient moins prévisible.
Pour concevoir une liaison 10G jusqu’à 100 mètres, la référence adaptée est le Cat 6a. Encore faut-il que les prises, le panneau de brassage, le switch et la carte réseau suivent. Mélanger un câble Cat 6a avec une vieille prise Cat 5e ne transforme pas l’ensemble en liaison Cat 6a.
Cat 7 et Cat 8 : faut-il viser la catégorie la plus élevée ?
Dans un logement, rarement. Le Cat 8 a été pensé pour de très hauts débits sur de courtes distances, notamment dans les centres de données. Son prix et sa rigidité n’apportent pas d’avantage à une box limitée à 1 ou 2,5 Gbit/s.
Le Cat 7 soulève une autre difficulté : de nombreux cordons vendus sous cette appellation utilisent des connecteurs RJ45 ordinaires et entretiennent une confusion entre catégorie du câble et performance de l’ensemble. Pour une installation domestique ou un petit réseau professionnel, un Cat 6 ou Cat 6a correctement fabriqué est généralement plus sensé qu’un câble Cat 7 ou Cat 8 choisi uniquement parce que le chiffre est plus grand.
Acheter un câble Cat 8 pour une box Gigabit, c’est un peu réserver un TGV pour faire deux stations de métro. Le trajet sera assuré, mais ce n’est pas le billet qui fera aller la ligne plus vite.
Quel blindage choisir autour des paires de cuivre ?
Les lettres imprimées sur la gaine décrivent la protection contre les perturbations électromagnétiques. Un câble U/UTP n’est pas blindé. Un F/UTP possède un écran global en feuille métallique. Un U/FTP protège séparément les paires, tandis qu’un S/FTP combine plusieurs niveaux de protection.
Pour un cordon entre la box et un appareil
Dans une pièce ordinaire et sur une courte distance, un câble U/UTP ou F/UTP de bonne qualité suffit généralement. Un blindage lourd n’est pas indispensable pour relier une box à un ordinateur placé à trois mètres.
Pour un passage dans une gaine ou près de câbles électriques
Si le câble traverse plusieurs pièces, longe des alimentations électriques ou passe dans un environnement chargé en équipements, un blindage peut réduire l’exposition aux interférences. Il faut aussi respecter les règles de séparation avec les circuits électriques et éviter d’écraser ou de plier fortement le câble.
Le blindage ne doit pas devenir un argument décoratif sur l’emballage. Dans une installation fixe, sa continuité et sa mise en œuvre doivent être cohérentes sur toute la liaison. Pour un projet plus large, la réflexion doit porter sur l’installation du réseau dans son ensemble, pas uniquement sur le cordon branché à la box.
La longueur peut-elle faire perdre le débit de la fibre ?
Un câble Ethernet conforme ne perd pas progressivement quelques mégabits à chaque mètre. Soit la liaison négocie le débit prévu, soit elle descend à une vitesse inférieure, devient instable ou accumule des erreurs lorsque ses limites sont dépassées.
La longueur maximale habituelle d’un canal Ethernet sur cuivre est de 100 mètres, cordons compris. Dans un appartement ou une maison, les distances sont souvent bien plus courtes. Le principal risque vient alors davantage d’un mauvais sertissage, d’une prise défectueuse ou d’un câble de qualité douteuse.
Cordon souple ou câble installé dans le mur
Un cordon multibrin est souple et adapté aux branchements entre une prise et un appareil. Pour une installation permanente dans une gaine, on utilise plutôt un câble monobrin raccordé sur des prises ou un panneau de brassage. Ces deux produits n’ont pas exactement le même rôle.
Évitez également d’acheter un câble beaucoup plus long que nécessaire. Une réserve raisonnable est utile, mais une couronne de vingt mètres enroulée derrière la box complique l’installation et transforme vite le meuble en plat de spaghettis.
Le cas des prises RJ45 murales
Lorsque plusieurs prises sont réparties dans le logement, vérifiez où elles aboutissent. Elles doivent être brassées vers la box ou vers un switch. Une prise murale seule ne distribue pas Internet par magie : elle n’est que l’extrémité d’un câble.
Un switch peut être nécessaire pour alimenter plusieurs pièces depuis un même emplacement. Le choix dépend alors du nombre de ports et des débits attendus, comme pour le reste du dimensionnement de l’accès Internet.
Le débit reste faible avec un bon câble : où chercher ?
Le réseau a parfois son petit côté « 22 à Asnières » : on accuse la ligne entière alors que le problème se trouve à quelques centimètres de la box. Avant de commander un nouveau câble, procédez par élimination.
- Branchez l’ordinateur directement sur le port Ethernet le plus rapide de la box.
- Vérifiez la vitesse maximale de la carte réseau de l’ordinateur.
- Contrôlez la vitesse de liaison négociée : 100 Mbit/s, 1 Gbit/s, 2,5 Gbit/s ou 10 Gbit/s.
- Testez avec un autre câble court dont la catégorie est clairement indiquée.
- Coupez temporairement le Wi-Fi des autres appareils et les téléchargements en cours.
- Refaites le test sur plusieurs serveurs et à différents moments.
Une liaison bloquée à 100 Mbit/s signale souvent un câble endommagé, une paire mal raccordée ou un ancien port réseau. Une liaison affichée à 1 Gbit/s alors que l’offre permet davantage indique plutôt une limite du port ou de la carte réseau. Dans les deux cas, monter de catégorie au hasard ne remplace pas le diagnostic.
